Les 10 meilleures raisons de ne pas travailler l’efficience en 2026…
… et pourquoi c’est précisément le moment de le faire.
Troisième et dernier article d’une série consacrée aux « fausses excuses » qui freinent encore trop souvent l’action publique locale.
Après :
- « Le projet d’administration en 2026 ? Très peu pour moi… »
- « Un parcours managérial ? On verra plus tard… »
Place à un autre sujet, souvent plus discret… mais tout aussi structurant : l’efficience.
Efficience, efficacité : une confusion fréquente
Avant d’aller plus loin, un point mérite d’être posé clairement. Dans beaucoup de discussions, efficience et efficacité sont confondues.
- Être efficace, c’est atteindre ses objectifs.
- Être efficient, c’est atteindre ces objectifs en mobilisant au mieux les ressources disponibles.
La nuance peut sembler théorique. Elle ne l’est pas. Car dans beaucoup de collectivités, les équipes sont efficaces : les projets avancent, les politiques publiques sont mises en œuvre. Mais souvent au prix :
- de temps
- d’énergie
- de complexité
- et parfois de lassitude
C’est précisément là que la question de l’efficience apparaît. Face à la raréfaction des ressources, les collectivités n’ont plus vraiment le choix : elles doivent gagner en efficience. Mais trop souvent, cette exigence est réduite à une logique d’économies ou à une injonction à l’innovation technologique. Or l’efficience ne se décrète pas. Et elle ne se résume pas à un outil. Elle suppose un travail exigeant de clarification, de simplification et parfois de réorganisation. Revoir les processus, réduire les irritants, arbitrer ce qui est prioritaire… et ce qui ne l’est plus.
L’enjeu n’est pas de faire plus avec moins. Mais de faire autrement.
1. « L’efficience, ça veut dire faire moins »
C’est l’amalgame le plus courant. En réalité, l’efficience consiste à faire autrement ce qui consomme aujourd’hui trop de ressources pour trop peu d’impact. Il s’agit moins de supprimer que de simplifier, de prioriser et d’arbitrer. Faire moins de dispersion pour faire mieux sur l’essentiel.
2. « On a déjà optimisé tout ce qu’on pouvait »
C’est rarement vrai. Dans beaucoup de collectivités, les organisations se sont empilées au fil des réformes, des projets et des urgences. Les processus sont devenus complexes, parfois illisibles, sans que personne n’ose vraiment les remettre à plat. L’efficience commence souvent par une question simple : pourquoi fait-on encore cela ?
3. « Les réorganisations épuisent les équipes »
Ce ne sont pas les réorganisations qui épuisent. Ce sont celles qui n’ont pas de sens… ou pas de cap. Une réorganisation orientée efficience vise d’abord à réduire les irritants, les doublons et les injonctions contradictoires. Elle peut être, au contraire, un facteur de soulagement ; à condition d’être lisible et concertée. Le statu quo est parfois plus usant que le changement.
4. « On n’a pas le temps de revoir les processus »
Le temps perdu dans des processus complexes, redondants ou mal coordonnés est immense.
Mais il est souvent invisible. Repenser un processus, c’est investir du temps pour en faire gagner durablement. L’efficience est un pari sur le moyen terme. Ne jamais le faire, c’est accepter une perte continue.
5. « Chaque direction a ses spécificités »
C’est vrai. Et c’est souvent ce qui empêche toute simplification. La question n’est pas de nier les singularités, mais de distinguer i) ce qui relève réellement du métier et ii) de ce qui pourrait être harmonisé. Beaucoup de différences sont héritées. Pas toujours choisies.
6. « Simplifier, c’est risquer de perdre en qualité »
La complexité est rarement un gage de qualité. Elle génère des erreurs, des délais et de l’incompréhension. Simplifier, ce n’est pas appauvrir, c’est rendre plus robuste, plus résilient et plus lisible.
7. « On n’a pas de marges de manœuvre financières »
Justement ! Quand les marges financières disparaissent, les marges organisationnelles deviennent centrales. L’efficience n’est pas une politique d’investissement. C’est une politique d’arbitrage.
8. « C’est trop transversal, trop complexe à piloter »
L’efficience est par nature transversale. Elle traverse les directions, les métiers et les niveaux hiérarchiques. C’est inconfortable, plus complexe à appréhender, mais c’est indispensable.
9. « Les agents vont y voir une logique d’économies »
Ils le feront… si le discours est uniquement budgétaire. En revanche, lorsqu’on parle d’irritants, de surcharge inutile ou de processus qui dysfonctionnent, l’adhésion est souvent forte. Les agents savent très bien, d’ailleurs, où se situent les points de fragilité de l’organisation.
10. « On n’a pas besoin d’un grand chantier de plus »
L’efficience n’est pas un chantier de plus. C’est une manière différente de regarder l’existant. Ne pas la travailler, c’est subir la contrainte. La travailler, c’est reprendre la main.
Conclusion
Et maintenant ? Cette trilogie s’achève ici.
Trois sujets, trois angles (projet d’administration, management, efficience) qui posent au fond une même question : comment se mettre en capacité d’agir, collectivement, dans un environnement qui se complexifie ?
Mais une fois ces fondamentaux posés, une autre réalité apparaît. Dans beaucoup de collectivités ou d’acteurs publics locaux, certains sujets sont identifiés depuis longtemps comme stratégiques. On en parle. On lance des initiatives. On expérimente.
Et pourtant… les effets restent souvent limités.
C’est le cas, par exemple :
- de l’innovation, qui peine à dépasser le stade de l’expérimentation
- de la marque employeur, souvent réduite à une question de communication
- ou encore des achats publics, rarement mobilisés comme un véritable levier stratégique
Trois sujets différents. Mais un même constat : on ne manque pas de discours. On manque parfois de passage à l’échelle.
Ce sera l’objet de la prochaine série : « Ces sujets dont tout le monde parle… mais qui ne décollent pas vraiment »
Quantième accompagne les collectivités dans des démarches d’efficience organisationnelle alliant stratégie, organisation, management et outillage.
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